juin
15
2010
Le musée d’Orsay expose en ce moment une série de peintures et d’objets réunis sous le titre de « Crime et Châtiment ». Mise au pluriel, cette appellation, sans annuler la référence à Dostoïevski mais n’impliquant pas alors la relation de cause à effet, aurait été plus adéquate. Mais ceci n’est qu’un détail.
Ce qui importe, c’est qu’enfin on trouve ici une réhabilitation du mot « surréalisme » de nos jours assez galvaudé pour ne plus signifier aux yeux du grand public qu’anodine bizarrerie ou comportement gentiment loufoque.
En effet, à chaque visiteur est remis un livret, anonyme mais visiblement rédigé par un premier de la classe de quelque collège bien pensant, dans lequel il est rappelé en dernière page que « l’acte surréaliste le plus simple consiste à descendre dans la rue, revolvers au poing, et à tirer tant qu’on peut au hasard dans la foule ».
Bien sûr il est conseillé au scripteur de ne pas se mêler à la foule lorsqu’un surréaliste descend dans la rue pour acheter son pain, mais voici tout de même quelqu’un grâce à qui le sérieux du surréalisme pourrait être rétabli, d’autant plus que ce texte est affiché sur les murs du musée et se trouve reproduit dans la plupart des catalogues qui rendent compte de cette exposition.
Le public ainsi informé ne pourra plus ignorer que, loin d’être une aimable plaisanterie, le surréalisme constitue un véritable danger.
Saisissons cette occasion pour rendre justice à une tentative de cet ordre amorcée, malheureusement sans succès, le 22 novembre 2001 dans les colonnes du Monde sous la plume d’un certain Jean Clair, d’où il ressortait que, déjà très impliqué dans la démoralisation de l’Occident, le surréalisme était allé très loin dans la préfiguration de l’attentat du 11 septembre contre les Twin Towers.
Espérons que la tentative actuelle de réhabilitation sera mieux entendue.
Guy Cabanel, juin 2010
oct
04
2009
À l’occasion du lancement de la collection Le rayon invisible, Les loups sont fâchés vous convient à une rencontre avec Guy Cabanel qui dédicacera Maliduse suivant son humeur le mardi 13 octobre 2009 à partir de 18 heures.
Galerie nuitdencre 64
64, rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris
Tél. 01.49.29.48.49
Métro : Parmentier

Téléchargez le bon de commande : bon-de-commande-le-rayon-invisible
juin
28
2009
La poésie est à géométrie variable : aucun rapport de proportionnalité entre poids et taille, entre matière et couleur d’un ouvrage. Entomologiste du surréalisme, l’éditeur Les loups sont fâchés a choisi la légèreté des élytres soigneusement arrachées à des insectes souvent rares, des ailes de papillons de nuit ou de jour à peine moins légers que l’air, des carapaces qui luisent d’un orient parfois inquiétant, des plumes odorantes… Le résultat : une fête multicolore de vingt et une plaquettes, toutes en longueur et en ardeur, élégantes, un festin de textes enluminés dont les convives sont Guy Cabanel en « robe de flammes », Anne-Marie Beeckman en « manteau de taupe », Jacques Abeille en « bête louche », Vincent Bounoure en « oiseau égaré », Pierre Peuchmaurd en « loup de ciel », Ghérasim Luca en « chat double »… parmi d’autres pour les dessins, découpages, collages et confettis, on rencontre la bête amoureuse de Jean Benoît, les bêtes microscopiques de Jacques Lacomblez, celles en cristal de Jacques Hérold, les chimères de Ted Joans, les bouches ouvertes de Georges-Henri Morin, quelques squelettes de Jorge Camacho… dans l’ordre d’apparition pour le plus grand désordre des sens et j’en oublie volontairement car la liste est aussi longue qu’essentielle. L’Envers du réel n’est pas seulement une collection des éditions Les loups sont fâchés, L’Envers du réel est une des régions de ce domaine menacé de l’édition où l’exigence règne encore.
Marie-Laure MISSIR
Juillet 2007
Tags: Anne-Marie Beeckman, Ghérasim Luca, Guy Cabanel, Jacques Abeille, Jacques Hérold, Jacques Lacomblez, Jean Benoît, Jorge Camacho, L'envers du réel, Marie-Laure Missir, Pierre Peuchmaurd, Ted Joans, Vincent Bounoure
Le monde entier parle des Loups sont fâchés | eric |
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